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여울물 소리

  • Author
  • Country
    Republic of Korea
  • Publisher
  • Published Year
    2014
  • Genre
    Literature - Korean literature - Contemporary fiction

Title/Author/Genre

  •  

    Title: Le bruit des rapides

    Author: Hwang Sok-yong

    Genre: Littérature/Roman

     

    LTI Korea staff: Minkyung HA (minkyung_ha@klti.or.kr / +82-2-6919-7746)

Description

  • About the book

    Le roman Le bruit des rapides de Hwang Sok-yong raconte l’histoire d’un conteur qui disparaît avec le passage au dix-neuvième siècle, époque de transition vers la modernité en Corée. Le protagoniste de ce récit s’appelle Yi Sin-Dong. Dans une société hiérarchisée où le rang de sa naissance conditionne son existence, Yi Sin-Dong, souffrant des limites de son statut de fils de concubine, quitte la maison et commence une vie d’errance. Il se met à raconter les histoires des récits anciens de Joseon qu’il aimait lire, se faisant conteur, amuseur, puis créateur de dialogues pour une troupe d’artistes ambulants. C’est ainsi qu’il découvre le mouvement révolutionnaire du Donghak, qui se trouve être une histoire « beaucoup plus grande que la sienne ». Le dix-neuvième siècle qui sert d’arrière-plan à ce roman, surnommé parfois ‘siècle des révoltes’ ou ‘siècle réactionnaire’, est une époque où les contradictions de la société de Joseon sont à leur apogée. À l’intérieur du pays, la société féodale dans laquelle la corruption se fait de plus en plus forte est au bord de l’implosion ; la menace d’invasions étrangères est aussi source d’angoisses. En d’autres termes, c’est pour Joseon une fin de siècle marquée par le chaos. Le mouvement de révolte du Donghak rassemble majoritairement le peuple et les intellectuels ruinés de l’époque. Yi Sin-Dong, contraint à errer à cause de la bassesse de son rang dans une société très hiérarchisée, ne réfléchit pas longtemps avant de rejoindre le mouvement du Donghak, qui se base sur la pensée que tous les hommes sont égaux et que chacun ne fait qu’un avec le ciel.

     

    Jusqu’à présent, la littérature coréenne avait présenté à travers ses œuvres le mouvement du Donghak comme un simple courant de pensée ou un mouvement révolutionnaire. Avec Le bruit des rapides, il prend le statut d’un grand récit, il devient une histoire fictionnelle qui contient la possibilité d’imaginer une société du futur. Le roman de Hwang Sok-yong nous montre que ce grand récit utopique est déjà présent sous plusieurs formes dans l’imaginaire quotidien du peuple de Joseon, au moins de manière fragmentaire. Les différents récits populaires traditionnels qui s’enchaînent dans le roman – le conte de Kongjui et Patjui, l’histoire du faisan, l’histoire de Im Gyeong-eop, les chants populaires minyo et jabga, les poèmes sijo, le pansori ou la danse masquée – illustrent tous le désir de grands changements qui existe chez le peuple. De ce point de vue, en pénétrant dans la dense forêt des récits coréens traditionnels, Le chant des rapides est un roman qui dévoile les formes multiples que peuvent prendre les histoires coréennes et qui cherche méthodologiquement de nouvelles possibilités narratives. Si l’on replace les grands textes du Cheondoïsme de Choi Je-u et Choi Si-hyeong que sont « La Bible de la doctrine du Donghak » et « L’hymne du lac du dragon » à l’intérieur des narrations anciennes de Corée, ces écrits utopiques forment un lien avec les histoires populaires. Hwang Sok-yong nous montre ainsi que ces histoires comportent un point de vue innovant et une véritable dynamique. Nous pouvons donc considérer que le conteur Yi Sin-Dong est l’alter ego de l’auteur qui croit en la force de ces histoires authentiques, même à une époque comme celle d’aujourd’hui, où les histoires disparaissent au profit des informations.

     

    Pourtant, Yi Sin-Dong n’est pas le seul conteur de cette histoire. Il serait d’ailleurs plus juste de dire que Yi Sin-Dong représente l’histoire elle-même. L’auteur ne décrit pas directement la vie du conteur, il la dépeint de manière indirecte à travers Yeon-ok, qui s’en fait la porte-parole. Par exemple, Yeon-ok entend raconter l’histoire de Yi Sin-Dong par quelqu’un qui vient de l’entendre avant qu’il ne parte, et c’est elle qui la raconte aux lecteurs. Qui est cette Yeon-ok ? Amoureuse de Yi Sin-Dong depuis longtemps, elle se fait la porte-parole de son histoire. Même si elle ne peut exister en tant que femme totalement libre dans la société patriarcale de l’époque, elle apparaît tout au long de l’histoire comme une femme solide qui gère sa vie de manière autonome. Ainsi, pour vérifier ses connaissances sur la vie de Yi Sin-Dong, elle part à sa recherche et rencontre dans son périple de nombreux conteurs qui lui racontent le monde dans lequel il vit : la grande sœur de Yi Sin-Dong et le mari de sa petite sœur, son maître Seo Il-su, Baek-hwa la chanteuse de pansori, Choe Seong-muk, etc. Yeon-ok écoute leurs histoires et les raconte à son tour aux lecteurs. Finalement, à l’intérieur du roman, toutes les histoires transitent par elle d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi nous pouvons la considérer comme la narratrice de ce récit. Si Yi Sin-Dong est un conteur aventurier qui erre sans but précis, Yeon-ok, elle, écoute les histoires du monde et les enregistre. Elle est donc plus proche que lui du vrai statut de conteur. Ainsi, les lecteurs entendent plusieurs histoires, dont celles de Yeon-ok, qui s’empilent les unes sur les autres pour figurer la vision du monde chaotique de fin de siècle dans lequel est enfermé Yi Sin-Dong.

     

    Le bruit des rapides laisse s’écouler tout un flot d’histoires : des histoires d’amour, des histoires de familles, des histoires de combats, des histoires historiques, etc. Le point passionnant de ce roman c’est qu’il présente plusieurs aspects de la culture et des traditions du Joseon du dix-neuvième siècle aux lecteurs et qu’il propose de multiples lectures transverses. Y sont décrites, entre autres, des scènes de l’examen du Gwageo pour nommer les fonctionnaires confucéens, la prison, le processus d’impression d’un livre, les auberges et les plats d’accompagnement dans les bars de l’époque, les détails de la vie quotidienne d’une époque chaotique. Puisque les histoires se racontent beaucoup dans les auberges et dans les rues, celles-ci deviennent des espaces clé du roman. Dans ce genre d’endroits, il était possible de rencontrer des personnes de différentes classes sociales et d’entendre toutes sortes d’histoires, ce qui nous permet d’imaginer les changements des modes de vie de l’époque. À ce titre, Le bruit des rapides est un roman qui nous dépeint de manière tout à fait satisfaisante la réalité des marchés et des rues de l’époque.

     

    Le roman se conclut par l’échec de la révolution du Donghak (ou Cheondogyo) et par la mort de Lee Shin-tong, qui n’aura jamais pu rentrer chez lui. C’est seulement la fin de l’histoire utopique d’un révolutionnaire romantique. Pourtant, dans le roman, les histoires qu’il a créées et racontées sont toujours vivantes. Elles lui survivent lorsque les autres conteurs les reprennent à leur tour, ainsi le veut le destin. Une histoire qui a commencé ne peut jamais s’arrêter. Le destin de ces histoires populaires est le cœur même du roman. Il en reste toujours des échos, qui se transmettent encore même lorsque les voix se taisent. Dans le roman, c’est l’image du silence qui survient « à l’aube, dans un lointain temple de montagne, lorsque se brise le dernier son de la cloche », mais aussi celle du « grain de poussière sur la poutre, de la mélodie qui stoppe la danse tremblante du nuage blanc ». On retrouve cette même idée dans le titre de ce roman. Le bruit des rapides fait référence à l’eau qui jamais ne s’arrête et continue de murmurer dans la nuit profonde. De la même manière, même après l’échec de la révolution du Donghak, son histoire continue aujourd’hui encore d’être racontée et transmise. Ce roman montre la force de ces histoires et insiste sur leur capacité à changer les choses et le monde, petit à petit.

     

    About the author

    Hwang sok-yong a célébré en 2013 ses 70 ans et ses 50 ans en tant qu’auteur avec la sortie du roman Le bruit des rapides. C’est l’un des auteurs les plus importants de Corée. Ses œuvres littéraires peuvent être divisées en deux parties. La première regroupe notamment les courts récits Loin du foyerMonsieur Han, La Route de Sampo et les romans Jang Gilsan et L’Ombre des armes. La seconde, qui fait suite à la période sans textes qui, entre 1987 et 1998, correspond à sa visite en Corée du Nord, son exil et son emprisonnement, commence avec Le vieux jardin, L’Invité, Princesse Bari et continue encore aujourd’hui. La grande majorité de ses œuvres ont été traduites en Europe et il est à noter que Monsieur Han a été particulièrement bien reçu en Allemagne. L’Ombre des armes, qui dévoile les ravages du capitalisme à travers l’exemple des champs de bataille de la guerre du Vietnam, a reçu les éloges de critiques littéraires japonais. Même si Le bruit des rapides se base sur le communautarisme populaire à la manière de Jang Gilsan, roman de la première partie de sa carrière d’auteur, la genèse de l’œuvre et son existence s’expliquent par un travail d’introspection de la part de l’auteur et porte les caractéristiques d’une littérature éternelle.  

     

    Media Response/Awards Received

    Dans Le bruit des rapides, l’auteur dépeint la fin de la période Joseon, au dix-neuvième siècle. Il nous présente un conteur habile et nous fait partager la vie de ces raconteurs d’histoires avec le langage de cette époque. À ce titre, il peut être difficile d’entrer dans ce roman. Pourtant, contre toute attente, ce chef d’œuvre de littérature s’est vendu à 70 000 exemplaires dès sa parution, reflétant la capacité de l’ouvrage à toucher le grand public. De plus, ce roman rassemble une multitude de textes qui plaisaient au peuple du dix-neuvième siècle et à travers lesquels nous pouvons découvrir la vie quotidienne de l’époque, ainsi que comprendre les coutumes de la fin de Joseon.     

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